Le conseil littéraire
Piste 1 : la technique.
L’écriture comporte une dimension technique assez importante, et généralement méconnue des auteurs.
Sur la forme : correction orthographique, syntaxique, grammaticale. Correction typographique. Mise en page.
Sur le fond : répétitions systématiques, abus de la voix passive, imitation non maîtrisée d’auteurs connus. Charpente faiblarde, histoire sans accroche, personnages sans épaisseur. Rupture de niveaux de langage (un prof ne s’exprime pas comme un flic, qui ne s’exprime pas comme un PDG. Un enfant ne parle pas comme un adulte, une femme comme un homme.)
Piste 2 : des conseils adaptés à chaque auteur.
Un essai/document demande une approche différente d’un roman. Si le romancier peut utiliser son imagination, un auteur d’essais doit vérifier ses sources, les citer, sa crédibilité vient de là. Un livre technique réservé aux professionnels utilisera un ton différent de celui d’un ouvrage grand public.
Un auteur déjà publié a besoin d’une relecture de détail, voire d’une analyse précise du contenu. Un débutant aura d’abord envie d’être encouragé et rassuré : l’écriture peut devenir ingrate et terriblement frustrante lorsque l’on se bloque sur ses propres insuffisances.
Certains ouvrages n’ont besoin que d’une simple relecture critique, d’autres d’une réécriture complète. Un bon conseiller littéraire vous proposera toujours une solution personnalisée.
Piste 3 : l’honnêteté et la transparence.
Un conseiller littéraire n’est pas un agent littéraire ni un éditeur, encore moins un imprimeur. Il intervient sur le texte lui-même, pas dans sa commercialisation. Il ne propose donc aucun contrat, aucune recommandation particulière auprès d’un tiers ou d’un éditeur.
C’est un prestataire de service : il a une obligation de moyens (vérifiable et quantifiable : correction, version avant et après intervention…), pas de résultat. Aucun conseiller ne peut vous affirmer que vous serez publié grâce à son action. Par contre, il fera de son mieux pour que cela soit possible.
En veillant à ce point, on s’évitera bien des déconvenues. Pour les auteurs souhaitant s’éditer eux-mêmes, je propose un service de mise en page, mais cela reste une activité annexe, et jamais obligatoire.
Il m’arrive régulièrement de refuser certains textes, car je sais que je ne pourrai pas aider l’auteur : théâtre, poésie, scénario cinéma ou télé. Un bon conseiller n’est pas capable de tout corriger et tout améliorer, il possède certaines techniques, mais pas toutes. Il s’appuie également sur son propre parcours (dans mon cas, essai, roman, appareil critique, expérience éditoriale dans une petite structure).
Il m’arrive aussi d’envoyer certains auteurs vers des ateliers d’écriture, lorsque je sens que c’est de cela dont ils ont besoin : un conseiller travaille sur un texte déjà écrit, ou un projet très avancé dans sa conception. Par contre, réfléchir à son désir d’écriture en atelier, échanger avec d’autres auteurs, travailler sur des exercices littéraires permettra à un néophyte de découvrir sa propre voie/voix.
Enfin, servez-vous de votre bon sens : en musique, si vous voulez un « gros son », vous ferez appel à un vrai ingénieur du son, pour le mixage, et encore un autre pour le mastering. Cela ne vous garantit en rien d’être « signé » sur un gros label, et encore moins de faire un tube. Au cinéma, le plus grand des réalisateurs n’est rien sans son monteur, et sans l’équipe chargée de la promotion.
En littérature, le conseiller littéraire vous aide à produire un texte aux normes de l’édition : présentation, ton, contenu. Mais se faire éditer demeure toujours une aventure difficile, et qui demande de la patience. Les solutions miracles n’existent pas, mais les bonnes surprises, si !
Avoir un texte abouti, personnel, n’est que la première partie indispensable de votre odyssée : il faut ensuite repérer les éditeurs qui pourraient vous convenir, les contacter avec les bonnes techniques, vous faire un réseau, communiquer, et revenir à l’assaut jusqu’à ce que cela marche !
