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"Moi, ce qui m'a sauvée, c'est la littérature" - LeMonde.fr.
Aurélie Filippetti
Une politique qui a vraiment écrit deux romans, c'est rare ; une responsable de la culture qui a déjà créé, c'est encore plus rare… À noter donc.
Au-delà de l'anecdote, cela nous rappelle également que lire des livres, s'intéresser à la littérature, à l'édition,ce n'est pas une activité "bourgeoise", de "retraité", de "privilégié" ou de "has been", comme on l'entend trop souvent.
Lire permet aussi d'échapper à l'enfermement d'une vie pas extraordinaire, à la famille et à l'environnement quand ils deviennent synonymes de médiocrité, d'entre-soi, de névrose, d'affrontement, de communautarisme…
Lire, c'est aussi choisir parfois d'être seul, de se retrouver face à soi, et de tenter de comprendre le monde sans avoir tout le temps quelqu'un sur le dos qui n'en sait pas plus que vous, et qui ne vous écoute jamais…
D'échapper à ce brouhaha permanent, ces conversations qui n'en sont pas, ces rumeurs, toute cette perte d'énergie, de sens et de liberté…
Et avoir en soi ce rêve incroyable : écrire un livre et le publier.
Combien d'hommes et de femmes ne doivent leur destin qu'à cette rencontre magique avec le livre, l'imprimé, ce petit objet que l'on tient entre ses mains et qui vous permet soudain d'ouvrir les fenêtres, de respirer, d'accueillir le rêve, d'échapper à la grisaille d'une existence déjà tracée, formatée, écrasée…






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