(photo: Martin Ujlaki)
Trouvé sur le net ce témoignage un peu misérabiliste d'un auteur autoédité -
Hervé Taïeb- (pas besoin de trait d'union dans "autoédition") mais plein de bon sens, avec une réflexion critique assez intéressante:
"Je comprends que l'économie de marché ne permette pas
aux éditeurs de tout éditer. J'ai auto-édité mes ouvrages (à ne pas confondre
avec l'édition à compte d'auteur), je connais cruellement le problème des
ouvrages qui se vendent trop peu pour rembourser leur coût. C'est là la seule
chose que je puisse comprendre des maisons d'éditions : elles ont besoin de
ventes pour continuer à exister.
Cependant, le problème devient pervers lorsqu'il n'y a
que cette seule et unique logique qui est exploitée au détriment des oeuvres
moins commerciales. Ainsi fonctionnent les éditeurs, les journaux, les
magazines, les librairies; en bref toute une structure immuable, établie sur le
principe lucratif, sans laisser aucune place aux autres.
Hélas, il y a en France un magnifique patrimoine
culturel totalement inconnu. Si l'auto-édition n'existait pas, mes années de
travail en théologie n'auraient aucun aboutissement, aucune existence. Il en
serait de même pour mon roman.
Je fais partie d'une association d'auteurs
auto-édités, et je peux vous dire qu'il y a dans ce patrimoine des histoires
poignantes et pleines d'enseignements. Nous faisons exister nos témoignages,
réflexions, essais, poésies, contes pour enfants... nous le faisons à nos
frais, à fonds perdus, sans reconnaissance et en restant d'illustres inconnus.
C'est une énorme perte culturelle.
Je suis certain que nombre d'entre nous, auteurs
auto-édités, seraient très appréciés du public si nous pouvions bénéficier de
la "puissance de feu" qui est mise à la disposition des auteurs par
leurs éditeurs. Pourtant, beaucoup de ces auteurs sont relativement factices,
ce sont pour moi des auteurs "pâte à modeler" des maisons d'édition.
Leurs oeuvres ne sont plus les leurs, je ne parle pas de la cession des droits
mais bien du contenu. Il est souvent "négocié", écrit et réécrit à la
demande des éditeurs, pour aboutir à quelque chose qui doit faire davantage de
ventes. Certains appellent ces auteurs des "poupées". On les
fabrique, on les met sur le marché, et le public ne veut plus rien d'autre.
Quant à nous, pauvres auto-édités, (Marcel Proust et
d'autres l'ont été avant nous), on se moque de nous. On se moque de nos
tournures de phrases, des fautes d'orthographe qu'on peut laisser, ... Mais, il
faut dire que nous n'avons que nous-mêmes. Nos ouvrages ne passent pas par les
nombreux lecteurs, correcteurs, les maquettistes et tous les professionnels
employés par les éditeurs, payés pour transformer un ouvrage brut en produit de
marché.
On peut se moquer de nous, mais nous n'avons pas ces
moyens. Le travail laborieux que nous faisons est plus important que celui
d’auteurs édités qui ne font que donner un manuscrit mal fagoté à d'autres qui
l'embelliront.
Des fautes d'orthographe, je pense en faire peu par
rapport à ce que je vois autour de moi. Je relève des fautes partout et de plus
en plus, sur les publicités, les courriers, les magazines, et aussi dans les…
livres édités !"
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