photo: florian.b
1/Soyez vaniteux.
Comment, moi, le futur « meilleur écrivain de sa génération », je ne suis pas foutu de torcher la fin de ce petit roman ? Que nenni mon bon, au boulot ! Et pas de télé avant d’avoir terminé.
2/Soyez honteux.
Annoncez la sortie de votre opus à vos amis, votre famille, votre nouvelle conquête : vous serez tellement couvert de honte à l’idée d’expliquer vos retards successifs que vous trouverez illico la motivation qui vous manquait.
3/Soyez vénal.
Vous écrivez des guides pratiques qui se vendent bien sur le net, mais vous avez la flemme ? Pensez au chèque, à votre compte en banque, votre comptable, au pognon que vos fans brûlent de vous envoyer via Paypal et hop, c’est reparti !
4/Soyez impatient.
Vous n’en pouvez plus de ce manuscrit, vous ne rêvez qu’au prochain, qui sera forcément bien mieux que celui-ci ? Eh ben alors, il ne devrait donc pas être très difficile à achever, quitte à écourter les dernières scènes : une bonne scène finale est une scène courte !
5/Soyez indulgent.
Vous n’aimez plus votre début, tel personnage vous révulse ? Utilisez la fonction rechercher dans Word et virez-le, l’importun ! Maintenant, vous pouvez tranquillement construire votre chute…





En somme, c'est comme en avion : les moments les plus sensibles sont le décollage et l'atterrissage. J'aime bien aussi l'image de la dalle en béton : le plus dur est de commencer... mais aussi de terminer. Entre les deux, on peut franchement s'amuser, je l'ai éprouvé plusieurs fois. Je trouve que le supplice commence quand j'ai une idée de roman. "Bon sang, mais qu'est-ce que je vais en faire ?" De même, à la fin : "Comment finir ? Comment en finir ?..." La création, c'est un mélange de souffrances et de joies. Comme l'amour. Et on recommence sans cesse, parce qu'au bout, quelque chose brille. On y croit, alors on y va. C'est ainsi depuis toujours. Portez-vous bien.
Rédigé par : JLLP | 01 décembre 2008 à 21:04